
En bref
- Trois situations qui n'appellent pas les mêmes réponses : le séjour court, le long séjour, l'expatriation.
- La carte bancaire et la carte européenne couvrent une partie, à des conditions précises, et jamais tout.
- S'installer à l'étranger met fin à l'affiliation française : la couverture se reconstruit avant le départ, retour compris.
Trois départs, trois situations
Le mot « étranger » recouvre trois réalités qui n'appellent pas du tout les mêmes réponses. Avant de comparer des contrats, il faut savoir dans laquelle vous êtes.
- Le séjour court. Vacances, déplacement professionnel, visite à la famille. Vous restez rattaché à la Sécurité sociale française, et le sujet se limite aux frais engagés sur place et au retour si quelque chose tourne mal.
- Le long séjour. Études, mission, année sabbatique, télétravail depuis l'étranger. Vous gardez souvent vos droits français, mais la plupart des contrats de voyage cessent au bout de quelques mois par déplacement.
- L'expatriation. Vous vous installez, vous travaillez pour un employeur local, vous quittez le régime français. Il ne s'agit plus de compléter quoi que ce soit : il faut reconstruire une couverture entière.
La frontière entre les deux dernières situations n'est pas une question de ressenti : elle tient à votre statut et à la durée. C'est le premier point à trancher, parce qu'il détermine tout le reste. Si vous hésitez, commencez par nos trois questions sur votre départ.
Ce que votre carte bancaire couvre, et où elle s'arrête
Les cartes haut de gamme prévoient une assistance à l'étranger : rapatriement, avance de frais, parfois annulation. C'est réel, et cela suffit dans bien des cas. Trois limites reviennent pourtant systématiquement.
D'abord, la garantie ne joue en général que si le voyage a été payé avec cette carte. Un billet réglé par un proche, par virement ou avec une autre carte du foyer, et la couverture tombe. Ensuite, les frais médicaux sont plafonnés, et le plafond se compare mal au coût réel d'une hospitalisation dans certains pays : au-delà, la différence reste à votre charge. Enfin, la durée est limitée, souvent à quelques mois consécutifs, ce qui écarte d'emblée les longs séjours.
Le bon réflexe n'est pas de souscrire par précaution, c'est de lire les conditions de votre carte avant de partir. Il arrive qu'elles suffisent. Il arrive aussi qu'elles laissent un trou qu'une assurance voyage vient fermer.
La carte européenne d'assurance maladie
Gratuite et délivrée par votre caisse, la carte européenne d'assurance maladie donne accès aux soins publics dans l'Union européenne, en Suisse et dans quelques pays voisins, aux conditions du pays visité. C'est précieux, et souvent mal compris.
Elle ne transforme pas les tarifs étrangers en tarifs français : si le pays laisse une part à la charge du patient, cette part reste due. Elle ne couvre ni les cliniques privées, ni le rapatriement sanitaire, qui est presque toujours le poste le plus lourd. Et elle s'arrête aux frontières de l'espace concerné : elle ne sert à rien au Canada, en Asie ou en Afrique.
L'annulation se décide avant de réserver
C'est la garantie que l'on regrette le plus souvent de ne pas avoir prise, parce qu'elle a une particularité : elle ne s'active que si le contrat est signé avant le départ, et le plus souvent dès la réservation. Un séjour annulé pour maladie, accident, deuil ou perte d'emploi, c'est une somme déjà engagée que personne ne rembourse.
Si vous partez plusieurs fois par an, un contrat multi-voyages couvre tous vos départs sur douze mois. Le calcul est presque toujours favorable dès le deuxième déplacement, et il évite surtout d'avoir à y penser à chaque réservation.
L'expatriation : la rupture qu'on n'anticipe pas
C'est le point le plus mal connu. En vous installant durablement à l'étranger pour y travailler, vous sortez du régime français de Sécurité sociale. Ce n'est pas une suspension, c'est une fin d'affiliation. Seul le détachement, décidé par un employeur français pour une durée encadrée, vous y maintient.
Deux chemins existent alors, et ils ne s'opposent pas.
- La Caisse des Français de l'étranger. Une adhésion volontaire qui vous rattache à un régime de base. Elle rembourse sur la base des tarifs français : dans un pays où les soins coûtent nettement plus cher, le reste à charge peut rester considérable. On la complète alors par un contrat dédié.
- Le contrat au premier euro. Il rembourse dès la première dépense, sans régime de base derrière. C'est la solution quand l'adhésion à la Caisse n'apporte pas grand-chose au regard du pays de destination.
Le choix dépend du pays, de la composition du foyer et de la durée envisagée. Il se fait avant le départ, parce que certaines garanties, la maternité notamment, s'ouvrent après un délai. C'est tout l'objet de notre contrat santé internationale.
Le retour, que personne ne prépare
On pense au départ, jamais au retour. Pourtant, en rentrant, vos droits à la Sécurité sociale ne se rouvrent pas instantanément : un délai s'écoule avant que le dossier soit traité. Sur cette période, une hospitalisation se paie comme à l'étranger.
Certains contrats d'expatriation prévoient une couverture de transition pour ces quelques mois. Cela se demande au moment de la souscription, pas au moment du retour, où il est déjà trop tard.
Vous arrivez en France plutôt que vous n'en partez ?
Ce guide parle des Français qui partent. Si vous venez vous installer en France et cherchez une complémentaire santé, une assurance auto ou habitation, nos pages en anglais et en italien sont écrites pour vous : health insurance in France, assicurazione salute in Francia, et l'ensemble de nos pages in English ou in italiano.
Ce qu'on fait pour vous
On ne vend pas un contrat de voyage par réflexe. On lit d'abord ce que prévoient déjà votre carte bancaire, votre employeur et votre régime, puis on cherche parmi les assureurs spécialisés le contrat qui comble exactement ce qui manque : assurance voyage pour un séjour ou pour l'année, santé internationale pour une installation durable. Le conseil est gratuit, à distance, partout en France.
